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  <title>Typographisme - Portrait de caractère</title>
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  <description>Un site tenu par des amoureux de la typo, sur le Web comme ailleurs.</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Mon, 03 Jul 2017 21:38:45 +0200</pubDate>
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    <title>Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Baskerville</title>
    <link>http://typographisme.net/post/Tout-ce-que-vous-avez-toujours-voulu-savoir-sur-Baskerville</link>
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    <pubDate>Tue, 30 Nov 2010 10:11:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>David Rault</dc:creator>
        <category>Portrait de caractère</category>
        
    <description>&lt;p&gt;Ami lecteur, tu as donc lu le formidable article sur &lt;a href=&quot;http://typographisme.net/post/Tout-ce-que-vous-avez-toujours-voulu-savoir-sur-Eurostile&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;l&amp;#8217;Eurostile&lt;/a&gt; et tu trépignes d&amp;#8217;impatience à l&amp;#8217;idée de découvrir encore plein d&amp;#8217;anecdotes croustillantes et d&amp;#8217;apprendre moult détails passionnants sur une autre typographie, confortablement assis dans ton fauteuil IKEA devant Typographisme.net, un site tenu par des amoureux de la typo, sur le Web comme ailleurs, une bonne tasse (Paris-Web sans doute) de café au lait à la main? Eh bien ça tombe plutôt bien finalement, car c&amp;#8217;est reparti pour un tour, et cette fois ci c&amp;#8217;est au tour de ce bon vieux&amp;#8230;&lt;/p&gt;
&lt;img src=&quot;http://typographisme.net/fichiers/2010-11/Baskerville/baskerville-titre.png&quot; alt=&quot;Baskerville&quot; title=&quot;Baskerville&quot; /&gt;    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://typographisme.net/fichiers/2010-11/Baskerville/portrait-baskerville.png&quot; alt=&quot;Portrait de Baskerville&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 0 0;&quot; title=&quot;John Baskerville, dessinateur du Baskerville&quot; /&gt;John Baskerville naît en 1706 à Wolverley, en Angleterre. Il s’installe à Birmingham à l’âge de 19 ans et se lance dans une carrière qui mêle l’artistique et la technique, deux domaines qu’il maîtrise parfaitement&amp;#160;: après avoir été graveur d’inscriptions funéraires et vernisseur (cette dernière occupation lui apportant même une véritable fortune), il se tourne vers sa passion, la calligraphie, et commence à s’intéresser de près à la typographie. Il achète un terrain de huit acres (environ 4&amp;#160;ha) dans un quartier huppé de Birmingham, Easy Hill, où il fait construire une grande propriété. C’est à la même époque qu’il rencontre Sarah Eaves, une femme divorcée et mère de quatre enfants avec laquelle il s’installe, envers et contre les règles en vigueur dans l’Angleterre très puritaine d’alors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ouvre sa propre imprimerie en 1750 et y fait graver par son associé, John Handy, un caractère inspiré du Romain du roi de Grandjean et de ceux de William Caslon, en les améliorant selon ses propres principes de perfection&amp;#160;: membre de la famille des Réales, le Baskerville puise son tracé dans les influences humanistiques du Garamond mais se démarque de son aïeul dans la rationalisation de la forme&amp;#160;; de même que les empattements rapetissent, l’axe des lettres devient vertical, marquant là une rupture radicale avec le dessin des caractères issus de l’héritage calligraphique. Ses connaissances pointues dans le domaine de la technique poussent John Baskerville à innover également dans un autre domaine&amp;#160;: désirant donner à ses caractères le meilleur support possible, il contribue à améliorer la texture des encres d’imprimerie, leur donnant un aspect noir intense, et il travaille main dans la main avec le fabricant de papier James Whatman pour créer le papier vélin, plus surfacé que le papier vergé. Perfectionniste, Baskerville ira jusqu’à faire lustrer au fer à repasser les feuilles de papier avant impression, ce qui donnera à ses éditions un aspect d’absolue perfection, jamais vue jusqu’alors.&lt;/p&gt;
&lt;img src=&quot;http://typographisme.net/fichiers/2010-11/Baskerville/baskerville-bible.jpg&quot; alt=&quot;baskerville-bible.jpg&quot; title=&quot;baskerville-bible.jpg, nov. 2010&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;caption&quot;&gt;La Bible que John Baskerville imprima en 1763 (détail)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est en 1757 que paraît le premier ouvrage de cette qualité, une édition de &lt;em&gt;Virgile&lt;/em&gt;&amp;#160;; il sera suivi par des textes classiques de la littérature anglaise jusqu’en 1758, année où Baskerville est promu imprimeur de l’université de Cambridge. Il y éditera notamment une magnifique bible en 1763, un comble pour cet athée convaincu. Il se marie avec Sarah Eaves en 1764 et se lie d’amitié avec l’imprimeur et scientifique Benjamin Franklin, qui emportera les caractères de Baskerville et ceux de William Caslon aux très récents États-Unis d’Amérique, ce qui explique leur présence (ainsi que celle des caractères du Français Pierre-Simon Fournier) dans les premières publications fédérales américaines et sur la déclaration d’Indépendance.&lt;/p&gt;
&lt;img src=&quot;http://typographisme.net/fichiers/2010-11/Baskerville/baskerville-ex2.jpg&quot; alt=&quot;baskerville-ex2.jpg&quot; title=&quot;baskerville-ex2.jpg, nov. 2010&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;caption&quot;&gt;La page de titre du &lt;em&gt;Virgile&lt;/em&gt; de Baskerville, et le monument qui lui rend hommage à Birmingham (érigé après que la ville a, paraît-il, réussi à identifier le tas d&amp;#8217;ossements élégamment jeté quelques années plus tôt dans une fosse commune)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;John Baskerville décède en 1775 et se fait enterrer dans son jardin, à Birmingham. Il sera déplacé plusieurs fois par la suite et repose actuellement dans les catacombes du cimetière de Warstone Lane, tout près d’un monument érigé récemment en son honneur. À sa mort, sa femme vend ses poinçons à Caron de Beaumarchais qui s’en sert pour éditer les œuvres complètes de Voltaire, puis la &lt;em&gt;Gazette Nationale&lt;/em&gt;, en pleine Révolution. Les poinçons seront alors rachetés par la famille Didot, puis par Charles Peignot, qui les restituera lui-même à l’imprimerie de l’université de Cambridge en 1953.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Baskerville tombe vite en disgrâce au profit de ses concurrents au tracé radical, les Bodoni et autres Didot, et il faudra attendre 1920 pour que le typographe Bruce Rogers le redécouvre et le remette au goût du jour, ce qui attise la curiosité des grandes fonderies de caractères. Monotype sort sa version du Baskerville en 1923, redessiné d’après un exemplaire des &lt;em&gt;Comédies de Terence&lt;/em&gt; publié en 1772, et Linotype sort sa propre version quelques années plus tard en se basant directement sur des poinçons originaux de plus petite taille. Quelques différences subsistent entre les deux versions, ce qui est logique car il était impossible à l’époque de tailler deux fois le même caractère sans qu’il y ait de petites différences. Redessiné, réinterprété et distribué maintes et maintes fois lors des décennies suivantes, le Baskerville est désormais disponible auprès de Linotype, Berthold (ces deux derniers étant les plus répandus aujourd’hui), Bitstream, Mecanorma, Scangraphic… Les puristes se tourneront sans doute vers la version de Frantisek Storm nommée John Baskerville, basée sur la bible et le Virgile, particulièrement destinée aux textes longs. Zuzanna Licko réinterprétera également le caractère en lui donnant un aspect plus féminin et précieux, et en le nommant Mrs Eaves, en hommage à la compagne du typographe.&lt;/p&gt;
&lt;img src=&quot;http://typographisme.net/fichiers/2010-11/Baskerville/baskerville-exemples.jpg&quot; alt=&quot;baskerville-exemples.jpg&quot; title=&quot;baskerville-exemples.jpg, nov. 2010&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;caption&quot;&gt;Quelques couvertures de livres de la collection Folio de Gallimard, composés en Baskerville (maquette de Massin)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Baskerville est souvent appelé caractère de transition car il se trouve, tant sur le plan historique que sur le plan stylistique, à mi-chemin entre un Garamond chaleureux et proche de la calligraphie, et un Bodoni froid, rigide et austère&amp;#160;: sa construction géométrique apporte &lt;strong&gt;stabilité&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;sérieux&lt;/strong&gt; tandis que son tracé d’origine humanistique lui confère &lt;strong&gt;élégance&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;classe&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;lisibilité&lt;/strong&gt;. Il peut s’utiliser en titrage, ses lettres ne souffrant pas du passage en grande taille et possédant plus de personnalité qu’un Times, par exemple, mais il reste avant tout un caractère de labeur, conférant un côté &lt;strong&gt;traditionnel&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;agréable&lt;/strong&gt; aux mises en page de textes immersifs, romans et autres, où il marquera toutefois plus de &lt;strong&gt;distance&lt;/strong&gt; avec le sujet qu’une Garalde. Un inconvénient toutefois&amp;#160;: le Baskerville est un caractère qui chasse beaucoup, il faut simplement le savoir et en tenir compte (cela ne veut pas dire qu&amp;#8217;il prend son fusil et qu&amp;#8217;il part le dimanche matin chercher des lapins en forêt, mais qu&amp;#8217;il occupe plus d&amp;#8217;espace sur la ligne qu&amp;#8217;un autre caractère à taille identique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, une anecdote intéressante pour tous ceux à qui le mot Baskerville sonne étrangement familier&amp;#160;: Sir Arthur Conan Doyle a vécu à Birmingham, et c’est pour rendre hommage à John Baskerville qu’il nommera les maîtres de son étrange chien du même patronyme que le typographe… Et c’est pour rendre hommage à Sherlock Holmes que Umberto Eco nommera son détective médiéval William de Baskerville dans &lt;em&gt;Le Nom de la Rose&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mots-clés&lt;/strong&gt;&amp;#160;: littéraire, aristocratique, élitiste, académique, sérieux, austère, classique, beau, traditionnel, noble, ancien, élégant, classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous pouvez retrouver cet article (et plein d&amp;#8217;autres) dans le livre de David Rault &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.adverbum.fr/guide-pratique-de-choix-typographique-rault-david-atelier-perrousseaux_ouvrage-perrousseaux_bnaigdfg1t74d1wncizxeaw.html&quot;&gt;Guide de choix typographique&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; aux éditions Atelier Perrousseaux.&lt;/p&gt;</description>

    

      </item>
  
  <item>
    <title>Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Eurostile</title>
    <link>http://typographisme.net/post/Tout-ce-que-vous-avez-toujours-voulu-savoir-sur-Eurostile</link>
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    <pubDate>Thu, 11 Nov 2010 10:57:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>David Rault</dc:creator>
        <category>Portrait de caractère</category>
        
    <description>&lt;p&gt;Ami internaute, développeur, graphiste peut-être, enfin bref, vous, derrière l&amp;#8217;écran, vous lisez en ce moment même le premier d&amp;#8217;une longue série d&amp;#8217;articles consacrés aux &lt;strong&gt;caractères typographiques&lt;/strong&gt;. Ah, ça, la typographie… Vous en avez entendu parler, vous avez certainement déjà lu pas mal de livres à son sujet, et vous pensez sûrement en connaître un bout sur les &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Garamond_(police_d%27écriture)&quot;&gt;Garamond&lt;/a&gt; et autres &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Helvetica&quot;&gt;Helvetica&lt;/a&gt;… Mais en toute honnêteté, entre nous, là, sérieusement… En êtes-vous si sûr que ça&amp;#160;? Savez-vous réellement pourquoi le &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Gill_Sans&quot;&gt;Gill Sans&lt;/a&gt; est plus chaleureux et lisible que le &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Futura_(police_de_caractères)&quot;&gt;Futura&lt;/a&gt;&amp;#160;? Connaissez-vous le nom du type qui a passé sa vie à peaufiner le dessin du Franklin Gothic? Quand vous voyez le logo d&amp;#8217;&lt;a href=&quot;http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/archive/c/ce/20091119190432!EasyJet_logo.png&quot;&gt;Easyjet&lt;/a&gt;, pouvez-vous expliquer du tac au tac la raison pour laquelle il a l&amp;#8217;air franchement cheap&amp;#160;? Oui&amp;#160;? Bon, alors effectivement vous n&amp;#8217;avez rien à faire ici. Mais si d&amp;#8217;aventure vous faites encore partie de la très grande majorité de ceux qui voient les caractères sans les connaître et qui les choisissent encore au petit bonheur, alors, peut-être, ces articles vous intéresseront.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Que va t-on y trouver&amp;#160;? Des caractères typographiques, bien sûr – un par article. Les artistes ayant dessiné ces caractères seront présentés, leur vie sera brièvement exposée, car il est juste que l&amp;#8217;on garde à l’esprit le nom de celui ou celle qui a parfois dédié sa vie entière à concevoir cet outil de travail essentiel, et qui le plus souvent disparaît des mémoires au bénéfice de sa création (la typographie, discipline difficile, est vraiment ingrate). Il y aura des exemples en situation et un rappel du contexte social et historique entourant la création des caractères présentés, ainsi qu’une évocation de leurs connotations de base, des conseils d’utilisation suivant que l’on veuille souligner le propos ou au contraire suggérer autre chose. &lt;strong&gt;Car chaque caractère, au-delà de sa forme, possède son propre passé, véhicule un bagage culturel, historique et social, crée par sa seule présence sur une page web, au-delà du sens des mots écrits, une véritable ambiance qu’il serait pour le moins regrettable d’ignorer&lt;/strong&gt;. De ce fait, il influe directement sur l’interprétation du texte et implique de la part du développeur ou du graphiste une bonne connaissance de la sémantique des caractères.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Voilà… Si donc tout cela vous intéresse, alors allons-y, et commençons avec&amp;#8230;&lt;/p&gt;

&lt;img src=&quot;http://typographisme.net/fichiers/eurostile/eurostile-titre.png&quot; alt=&quot;Eurostile&quot; title=&quot;Eurostile&quot; /&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://typographisme.net/fichiers/eurostile/eurostile-novarese.png&quot; alt=&quot;eurostile-novarese.png&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 0 0;&quot; title=&quot;Aldo Novarese, dessinateur d'Eurostile&quot; /&gt;&lt;strong&gt;Aldo Novarese&lt;/strong&gt; voit le jour le 29 juin 1920 à Pontestura, dans le Piémont, au nord de l’Italie. Il s’initie très tôt aux techniques de la gravure sur bois et sur cuivre et à la lithographie puisque c’est à 11 ans seulement qu’il entre à la Scuola Arteri Stampatori, en 1931, où il restera deux ans. Il part ensuite à Turin où il intègre la Scuola Tipografica Giuseppe Vigliandi Paravia, de 1933 à 1936&amp;#160;; il y apprend le dessin de caractères, ce qui lui permet de se faire engager comme typographe à la Fonderie Nebiolo de Turin en 1936, alors qu’il n’a que 16 ans. Il reçoit deux ans plus tard la médaille d’or du concours national des jeunes artistes italiens, mais ses convictions l’amènent à rejoindre le maquis pour combattre les fascistes en 1943, mettant sa carrière entre parenthèses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il retourne à la fonderie Nebiolo à l’issue de la guerre et, parallèlement à ses activités de dessinateur de caractères, il retourne en 1948 à la Scuola Tipografica Giuseppe Vigliandi Paravia de Turin, d’où il est lui-même sorti quelques années auparavant, en tant que professeur de design graphique. Il succède à Alessandro Butti – avec qui il a cosigné ses premières polices typographiques – à la direction artistique de la fonderie Nebiolo en 1952 et passera les vingt années suivantes à suivre ou anticiper les besoins du marché avec perspicacité et talent en créant pas moins d’une centaine de caractères qui, toujours, semblent arriver à point nommé pour répondre à une attente ou suivre la mode du moment. Parmi ses caractères les plus connus et utilisés, en dehors des typographies dessinées en réponse au succès de caractères concurrents et donc peu originales (Egizio, Ritmo, Recta, Torino, Garaldus…), citons Oscar, Stop (superstar des livres de science-fiction et des autocollants de skate-board, emblème des seventies) ou encore Nadianne.&lt;/p&gt;

&lt;img src=&quot;http://typographisme.net/fichiers/eurostile/eurostile-exemples.jpg&quot; alt=&quot;Quelques logos composés en Eurostile&quot; title=&quot;Quelques logos composés en Eurostile&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;caption&quot;&gt;Quelques logos composés en Eurostile.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ses créations sont très différentes les unes des autres et elles évoquent leur environnement immédiat (société, littérature, courant artistique…) avec une telle force qu’il est difficile de les utiliser après quelques années seulement&amp;#160;: victimes de leur succès et de leur utilisation abusive dans un laps de temps précis, elles sont trop fortement connotées et vieillissent mal. Elles finissent par disparaître avec les changements de mode. Résultat&amp;#160;: des centaines de caractères dessinés par le prolifique Aldo Novarese, quelques dizaines seulement ont été numérisés&amp;#160;; mais parmi eux, deux en particulier méritent l’attention. ITC Novarese (1978), tout d’abord, est une Garalde remarquable aux empattements fins à faible contraste, un caractère original possédant une forte personnalité qui rend hommage aux débuts de la typographie en proposant une italique sans majuscules, comme cela était le cas avec les premières italiques d’Alde Manuce au début du XVIe siècle à Venise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, et surtout, le Microgramma, dessiné en 1952 sous la direction d’Alessandro Butti, un caractère de titrage large ne comportant que des majuscules. Aldo Novarese avait en tête de dessiner un alphabet reflétant les avancées technologiques et le design mobilier qui fait une entrée en force dans les foyers et le paysage urbain de ce début des années 1950, et il note une constante, ce rectangle aux lignes et aux coins arrondis que l’on retrouve dans l’omniprésente télévision, dans les hublots des avions, et jusque dans l’architecture moderne de Le Corbusier et de ses immeubles. Il part donc de cette base pour construire chacune de ses lettres, et face au succès et à la demande de la communauté graphique internationale, il dessine plusieurs variantes (condensé, Light…) et surtout ajoute une minuscule à son caractère qu’il ressort en 1962 sous le nom Eurostile (souvent écrit Eurostyle par erreur).&lt;/p&gt;


&lt;img src=&quot;http://typographisme.net/fichiers/eurostile/eurostile-2001.png&quot; alt=&quot;Eurostile dans 2001&quot; title=&quot;Eurostile dans 2001&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;caption&quot;&gt;La facture de la vidéo communication passée dans le vaisseau spatial de &lt;em&gt;2001, Odyssée de l&amp;#8217;espace&lt;/em&gt; de Stanley Kubrick. On notera l&amp;#8217;importante augmentation du prix des télécommunications à longue distance depuis 2001.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cette typographie a plusieurs connotations évidentes&amp;#160;: les &lt;strong&gt;années 1960&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;1970&lt;/strong&gt; et la &lt;strong&gt;technologie&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;l’architecture&lt;/strong&gt; qui y sont associées, les débuts de la &lt;strong&gt;télévision&lt;/strong&gt;, la conquête de &lt;strong&gt;l’espace&lt;/strong&gt;, la &lt;strong&gt;science-fiction&lt;/strong&gt; (on le retrouve notamment dans la série &lt;em&gt;Star Trek&lt;/em&gt; et dans le film &lt;em&gt;2001&amp;#160;: Odyssée de l’espace&lt;/em&gt;), et on y associe plusieurs adjectifs&amp;#160;: &lt;strong&gt;fort&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;viril&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;masculin&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;imposant&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;rétrofuturiste&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;populaire&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;contemporain&lt;/strong&gt;. À la fois &lt;strong&gt;moderne&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;intemporel&lt;/strong&gt;, son succès ne se démentira pas au cours des années 1970 et 1980 – sa présence dans les catalogues de lettres transfert Letraset y sera pour beaucoup – et Microsoft, le proposant en 1997 au sein de sa suite Office, lui assure la pérennité&amp;#160;; il ne subira toutefois pas trop d&amp;#8217;utilisation abusive, étant généralement exploité avec talent et pertinence. Ayant, à l’instar de l’Helvetica ou de l’Avant-Garde, été beaucoup employé par l’univers de l’art contemporain, il a acquis une nouvelle connotation &lt;strong&gt;élitiste&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;design&lt;/strong&gt; qui se trouvera renforcée par une composition adéquate&amp;#160;; mais comme on peut le voir dans la charte graphique de TF1 ou sur les pochettes de compilations de musique dance, son côté populaire est également toujours vivace et efficace.&lt;/p&gt;

&lt;img src=&quot;http://typographisme.net/fichiers/eurostile/eurostile-moon.png&quot; alt=&quot;Eurostile dans Moon&quot; title=&quot;Eurostile dans Moon&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;caption&quot;&gt;Image extraite du film &lt;em&gt;Moon&lt;/em&gt; de Duncan Jones, dont le décor (aussi réussi que le film) est largement inspiré de ceux de &lt;em&gt;2001&lt;/em&gt; ou de &lt;em&gt;Star Wars&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Aldo Novarese se lie d’amitié avec Maximilien Vox et participe dès les années 1950 aux Rencontres internationales de Lure, où il proposera sa propre classification de caractères la même année que ce dernier, mais avec moins de succès. Couvert de récompenses (Prix ITC en 1966, Compasso de Oro en 1979…), il rédige deux ouvrages de typographie (&lt;em&gt;Alpha Beta&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Il signo alfabetico&lt;/em&gt;), cesse d’enseigner en 1957 et quitte la fonderie Nebiolo en 1975 pour devenir graphiste et typographe indépendant. Il travaillera pour Linotype, ITC, Berthold ou encore Agfatype, pour qui il dessinera son dernier caractère, le Central, en 1995. Il décède le 16 septembre de la même année à Turin.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mots-clés&amp;#160;:&lt;/strong&gt; années 1960, années 1970, architecture, télévision, informatique, espace, science-fiction, fort, viril, masculin, imposant, rétrofuturiste, populaire, technologique, contemporain, moderne, artistique, élitiste, design.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Vous pouvez retrouver cet article (et plein d&amp;#8217;autres) dans le livre de David Rault&lt;/em&gt; &lt;a href=&quot;http://www.adverbum.fr/guide-pratique-de-choix-typographique-rault-david-atelier-perrousseaux_ouvrage-perrousseaux_bnaigdfg1t74d1wncizxeaw.html&quot;&gt;Guide de choix typographique&lt;/a&gt; &lt;em&gt;aux éditions Atelier Perrousseaux.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>

    

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